Il y a bien longtemps que, dans nos sociétés, le cartésianisme a séparé l’esprit et le corps. Depuis les années 60, la globalisation, les moyens de communication et les transports, en agrandissant notre espace, ont à la fois réduit et morcelé notre perception du monde et de nous-mêmes. Depuis dix ans, la téléphonie mobile et surtout Internet ont encore accéléré le mouvement. Chacun peut être ici et ailleurs en même temps et à tout moment.
ab joy est une proposition scénique qui part de ce morcellement du corps et de l’espace, réel et imaginaire, et cherche comment on peut s’y retrouver. En fabriquant des membres humains en série, ab joy figure le morcellement de notre corps et sa réification et, les transformant en marionnettes, donne vie à de nouveaux organismes. Par le texte, formé d’extraits de poésies, de pièces de théâtre, d’articles de journaux et de dialogues de film, qui trouvent leur unité et leur cohérence, le spectacle s’inscrit dans une filiation poétique et politique, celle de Pier Paolo Pasolini. Par la mise en commun de quatre pratiques artistiques, la vidéo, la marionnette, la danse et le théâtre, le spectacle met en scène quatre voix. D’abord individuelles, elles vont progressivement se rencontrer, dialoguer, créer des moments de communauté, entre eux et avec les spectateurs, malgré la distance, qu’elle soit distance géographique ou distance des langages. En éclatant l’espace scénique entre deux lieux séparés géographiquement et reliés par le réseau - liaisons d’images, de sons et d’informations traitées- ab joy crée un troisième espace, imaginaire et commun aux deux lieux.Biographies
Après 15 ans d’études de piano, Sandrine Pitarque se forme à l’art dramatique et joue, entre 1997 et 1999, dans plusieurs pièces contemporaines ou classiques. Elle poursuit sa formation en explorant la pratique de la marionnette et de la danse contemporaine. Elle suit également un parcours universitaire en dramaturgie et mise en scène. Elle est actuellement en D.U. Art en thérapie à Paris V.Elle met en scène Berlin ton danseur est la mort d’Enzo Cormann en 2000, écrit et met en scène un spectacle de marionnettes et d’ombres pour les enfants en 2004, et travaille régulièrement à la mise en scène de spectacles de théâtre de rue et de clown. Elle a exploré avec des collectifs d’acteurs des textes de Sarah Kane et de Sei Shonagon et dirige régulièrement des ateliers de jeu et d’écriture théâtrale.
En 2006, Sandrine est lauréate de la bourse ‘Les Inclassables’ de Cultures France et du CALQ, qui lui donne l’opportunité de résider pendant six mois à Montréal pour développer son projet de spectacle autour de l’oeuvre de Pier Paolo Pasolini. Elle prépare également un solo poétique pour femme-clown, créé à Montréal en mai 2007 et diffusé en France depuis mars 2008.
http://abjoy.wordpress.com/
Réalisateur lumière, scénographe et plasticien, Xavier Boyaud travaille dans le spectacle vivant depuis près de 15 ans. En ayant notamment collaboré avec Serge Valletti, Eva Vallejo, Annie Lucas, Doreen Vasseur, Mylène Benoit, Dominique Sarrazin, Bruno Lajara, Frédérique Laforgue et Gérald Dumont.Aujourd’hui, parallèlement à son activité de scénographe et d’éclairagiste, Xavier réalise des « Scénographies acouslumière » en collaboration avec le compositeur Laurent Ostiz : Réminiscences et In - Discrétion. Ces installations ont reçu le soutien de la DRAC Nord/Pas de Calais (aide individuelle à l’équipement). Elles ont fait l’objet de co-production de: Le Fresnoy (studio national des arts contemporain), [ars]numerica (centre européen pour les arts numériques), le Crrav (Centre Régional de Ressources Audiovisuelles Nord/Pas de Calais), Culture Commune (scène nationale du Bassin Minier Nord/Pas de Calais, le Palais des Beaux-Arts de Lille.
http://x.boyaud.free.fr/